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Règles de vie, tableau des tâches, consignes : ce qu’on affiche vraiment dans nos colocations

En quelques années à faire tourner des maisons partagées à Clermont-Ferrand,
on a fini par comprendre une chose : les tensions entre colocataires ne viennent
presque jamais des mauvaises personnes. Elles viennent des non-dits.

Personne n’a jamais dit qui sortait les poubelles le mardi soir. Personne n’a jamais
dit si on pouvait recevoir trois amis un mercredi. Alors chacun applique sa propre règle,
découvre un jour qu’elle n’est pas celle du voisin, et l’agacement s’installe — jusqu’à
ce qu’une vaisselle laissée dans l’évier fasse remonter six semaines de frustration.

L’affichage règle une bonne partie de ça. Pas parce qu’un autocollant aurait un pouvoir
magique, mais parce qu’il transforme une règle implicite — donc discutable — en règle
explicite, donc partagée. Voici ce qu’on affiche réellement dans nos maisons, pièce par
pièce, ce qui a fonctionné et les trois erreurs qu’on a commises avant d’y arriver.

signalétique colocation

signalétique colocation

Pourquoi un affichage règle ce qu’un rappel ne règle pas

C’est le point que personne ne formule, et c’est pourtant le seul qui compte vraiment :
dans une colocation, l’affichage n’est ni de la décoration ni de la bureaucratie.
C’est ce qui évite à quelqu’un de devoir jouer le chef.

Quand une règle n’est écrite nulle part, la faire respecter suppose que quelqu’un la
rappelle. Et celui qui rappelle prend automatiquement une position d’autorité que
personne ne lui a donnée. Il devient « celui qui fait la police ». C’est le début des
clans, et c’est ce qui casse une maison bien plus sûrement qu’un évier sale.

Un panneau, lui, est neutre. Ce n’est pas un colocataire qui parle, c’est la maison.
Il présente trois avantages qu’aucun message dans le groupe WhatsApp n’aura jamais :

  • Il est là au moment du geste. Devant la machine, au-dessus de la
    poubelle, sur la porte des WC — pas noyé dans une conversation lue il y a trois semaines.
  • Il ne vise personne. Une règle affichée s’applique à tout le monde
    et depuis toujours, ce qui désamorce le sentiment d’être pris à partie.
  • Il survit au renouvellement. Les résidents changent, l’affichage
    reste. La maison garde ses habitudes même quand la moitié des chambres tourne.

Ce qu’on affiche, pièce par pièce

La cuisine — le point chaud numéro un

Si vous ne deviez équiper qu’une seule pièce, c’est celle-là. La cuisine concentre à
elle seule la majorité des frictions. On y affiche :

  • Le tableau des tâches communes, avec une rotation lisible d’un coup
    d’œil. C’est l’affichage le plus rentable de toute la maison.
  • L’état du lave-vaisselle — « propre » / « sale ». Un détail ridicule
    qui supprime à lui seul une dispute récurrente : plus personne ne range de la vaisselle
    sale ni ne relave un cycle déjà fait.
  • Les consignes de tri, avec les règles locales. Elles changent d’une
    agglomération à l’autre, et un résident qui arrive d’ailleurs applique de bonne foi
    celles de sa ville d’origine.
  • Le repérage des zones de frigo et de placard, une par chambre. Ça
    paraît scolaire ; ça évite la question la plus explosive de la colocation, celle de
    savoir qui a mangé quoi.

La buanderie

Le mode d’emploi des machines, les créneaux d’utilisation, et un rappel de vider le
tambour en fin de cycle. Le linge oublié pendant deux jours dans une machine que tout le
monde attend est un classique absolu — et il se règle avec une plaque à trois euros.

Les espaces communs

C’est là que vivent les règles de vie proprement dites : horaires de
calme, invités, fêtes, usage du salon. On les formule toujours de façon positive et
concrète — on y revient plus bas, c’est une leçon qui nous a coûté cher.

signalétique colocation

signalétique colocation

Les sanitaires

L’entretien courant, les produits à utiliser, et surtout ce qui ne doit
jamais partir dans les toilettes : lingettes, coton, protections. Un
seul dégorgement coûte plus cher que la signalétique complète d’une maison entière.
C’est, très concrètement, l’affichage au meilleur retour sur investissement du lot.

L’entrée et les circulations

Le jour de collecte des poubelles, le code wifi, les numéros utiles, l’emplacement du
local vélo. Tout ce qu’un nouvel arrivant demande dans ses trois premiers jours, et qu’il
n’aura pas à demander si c’est écrit.

Les chambres — les plaques de porte

Dans une maison de dix-neuf chambres comme Montferrand, le repérage n’est pas un luxe :
c’est ce qui permet à un livreur, à un artisan ou à un nouveau résident de s’orienter.
Mais l’effet le plus fort est ailleurs : une porte identifiée proprement, ce n’est plus une
chambre numérotée dans un couloir, c’est chez soi.

Les quatre affichages qui règlent le plus de conflits

Si on devait tout réduire à quatre, après plusieurs années et une quarantaine de
chambres, ce serait ceux-là :

  1. Le tableau des tâches communes — il transforme une corvée floue en
    engagement daté et visible.
  2. Le « propre / sale » du lave-vaisselle — coût dérisoire, effet
    immédiat.
  3. Les horaires de calme et la règle sur les invités — les deux sujets
    où les attentes divergent le plus silencieusement.
  4. Ce qui ne va pas dans les WC — le seul de la liste qui se rentabilise
    en euros, et largement.

Sécurité : le minimum, quelle que soit la configuration

Indépendamment du confort de vie, quelques informations doivent être visibles et
lisibles par quelqu’un qui ne connaît pas les lieux :

  • Les consignes en cas d’incendie et le chemin d’évacuation
  • L’emplacement de l’extincteur, de la vanne d’arrêt d’eau et du tableau électrique
  • Les numéros d’urgence
  • La présence et l’emplacement des détecteurs de fumée

Les obligations exactes dépendent de votre situation — immeuble d’habitation
collectif, meublé de tourisme, local recevant du public — et ne sont pas les mêmes dans
tous les cas. Si vous louez, faites confirmer votre configuration précise auprès de votre
assureur ou de votre mairie : c’est cinq minutes, et ça évite une mauvaise surprise en
cas de sinistre.

Nos trois erreurs

1. On en a trop mis. Nos premières maisons ressemblaient à un couloir
d’administration. Résultat : plus personne ne lisait rien. On a divisé par deux, en gardant
uniquement ce qui réglait un problème réel et récurrent. Un panneau qu’on ne lit plus ne
protège de rien — il fait juste du bruit visuel.

2. On a commencé avec des feuilles imprimées et du scotch. Au bout de
trois semaines : coins décollés, papier gondolé par la vapeur de la cuisine, encre passée.
Et surtout, un signal désastreux — ici, on ne tient pas la maison. Or une maison
qui a l’air tenue est une maison où les gens font attention. L’inverse est vrai aussi, et
il s’installe très vite.

3. On s’est trompés de ton. Nos premiers panneaux commençaient tous par
« Interdit de… ». Les gens se braquent, y compris ceux qui n’auraient jamais posé problème.
On a tout réécrit à la première personne du pluriel : « ici, on sort les poubelles le
mardi », « on garde le calme après 22 h ». La règle est la même. L’adhésion n’a rien à voir.

Règles de vie affichées dans une colocation BeeLive

On a fini par les fabriquer nous-mêmes

Pendant longtemps, on a cherché à acheter tout ça. Sans succès : l’offre existante est
soit de la signalétique de bureau, soit de l’hôtellerie. Rien qui parle vraiment de
colocation, de tableau de tâches ou de vie partagée — et rien qui tienne dans une cuisine
utilisée par dix personnes.

Alors on l’a créé. BeeLive Studio est notre atelier de signalétique
on le dit franchement, c’est notre marque. On y a mis exactement ce qu’on installe chez
nous : des kits prêts à poser par type de logement, des tableaux de tâches, des plaques de
porte, des consignes de sécurité et des règles de vie, en adhésif ou en plaque PVC, fabriqués
en France et pensés pour résister à l’humidité et aux UV.

C’est la seule recommandation qu’on peut faire honnêtement : on ne vous conseille pas un
produit qu’on a testé une fois, on vous montre celui qui tourne dans nos propres maisons
tous les jours.

Voir les kits de signalétique BeeLive Studio →

Plaque de signalétique posée dans une maison BeeLive

Pour finir

Si vous gérez une colocation, un gîte ou une location meublée, commencez par les quatre
affichages de la liste plus haut. Vous réglerez l’essentiel des frictions pour un budget
dérisoire, et vous cesserez d’être celui qui doit rappeler les règles.

Et si vous cherchez plutôt une chambre dans une maison où tout ça est déjà en place,
c’est par ici : nos maisons à Clermont-Ferrand
Montferrand,
Les Carmes et
Gaillard.
Pour comprendre notre façon de faire vivre une maison partagée, on en parle aussi dans
le coliving et la vie en communauté.

Découvrir nos chambres disponibles →

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On vous accompagne aussi de ce côté-là.